Bloc-Note d'Hylian

16 septembre 2007

Creation

L'opale lunaire déliquescent dans l'indigot pâle: limonade sur une nappe bleue.
Posant son triste regard sur moi, mobile comme elle, la maternelle: création...
Des montagnes grises, rident la blafarde, chaque seconde les creuse, gravement.
Sum creator, forêt jaillissant sous les mots, squelettes sylvestres: main
Au ciel lancée.

Le matin glacé tel un sorbet
Sort et s'envole de fleuries corolles parfumées et moites
Comme le garçon au matin. Tu tombes entre les phalanges tortueuses, l'autre côté...
Et les touches d'un piano s'enfoncent: blanches et noires; le Clair de Lune s'éteint
Dans de funestes vibrations, à toi l'égrotante si blême, gardienne, danseuse, nocturne.

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09 juin 2007

Plaisirs létaux métalliques

Alcool enflammé, de vert-pomme émanation vaporeuse :

Manzana verde. Vapeur vive : substance gazeuse…

Déconstruction furieuse,

Produit opaque d’une combustion infernale.

Liqueur vaporeuse, transportée dans les brancards des cendres du tabac rougi,

des volutes immenses qui s’élèvent, s’écrasent mollement au plafond pour retomber…

MANZANA

Robe élégante d’un verre au pied si fin

Qu’on voit sa poitrine : soucoupe volante.

Et les seins impis remplis d’un lait transparent ;

Dans la bouche, il est essence ; et il s’embrase.

Le cerveau, au fond duquel une paisible

Folie s’installe, brûle,

Comme un village que les barbares détruisent.

Le cérémonial commence, et les flammes s’élèvent du Styx

Qui coule dans mon estomac.

La violence de cette vague, que la fumée transporte, me dévore.

Le ventre flamme, des bruits de ciseaux me griffent la peau,

Rentrent dans mon ventre, le déchirent.

Ainsi soit-il : ce sont les vengeances de l’être qui se méprise, qui aime se mourir lentement.

Tu étais là, mon amour, à voir s’enfoncer les longs coûteaux pour toi,

Les déconstructions de tabac (par combustion) pénétrer

Ce qu’ils pouvaient de mes nerfs battant.

Les hurlements affreux d’une tribu de singes enragés –

Qui me mordent et m’étouffent,

Les craquements hostiles de squelettes cruels,

Le caquettement infernal d’oiseaux noirs aux dents de scies d’acier :

Augures infernales, infâmes messagers

Des profondeurs rocailleuses, enfoncées, grouillantes d’insectes

Mécaniques,

Où mon état me transporte.

Plaisir létal qui m’a donné accès à ton âme,

Auitte à perdre la mienne.

Je m’appelle Cadavre, aux grands yeux noirs,

Au visage torturé de griffures. Cicatrice impossible,

Violations lourdes de systèmes pesants, l’existence

Qui appuie sur les os : tu me manques, violemment,

Trop près ou trop loin.

Effondré, quelques mètres plus loin de ton grand corps,

Je vois les formes étirées de grands monstres

De mon visage halluciné

Qui se moquent.

Fatale condition ; lettres mortes.

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15 mai 2007

L'amour linceul

La terre dans le ventre
Terre dans le vent
Repus de cadavreSisyphus_by_von_Stuck
Le néant du passé
Patiemment
Oublié

Au centre des vipères
Décentre les vies
Que tu oublies
D’une vile
Et amère
Bile

Thuriféraire de l’amour
Jamais, n’oubliez pas
Que pointera le tour
Où Tu viendras
Soupireras
Pourriras

Seul

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21 mars 2007

Les yeux rouges de la guerre

Les larmes avaient coulé. Le sang de la douleur s'était brusquement épanché dans le blanc des yeux, brûlant le regard comme les flammes des armes. Il avait appris la haine, il avait appris ce que c'était que la guerre. Il y avait là un corps, étendu, sous ce visage détestable, détruit, ravagé par le remord. Le corps, le sang sur les mains, il l'avait tuée froidement. Pourquoi n'ai-je pas réagi avant ? Le soldat était mort, aussi, un peu plus loin. A la main, un couteau de fer; dans la poche arrière, la photographie de sa femme, photographie tordue en deux, sous le poids du corps. Le soldat était un simple soldat, payé pour tuer, comme les autres. Il a maintenant fait son travail, pris des risques, assumé librement. Il est mort.

La femme, tombéKrieg_20I_20_300dpi_e sous le coup affreux d'un couteau rouillant, avait été là par hasard; elle avait eu le malheur d'être blanche capitaliste, le malheur de travailler pour les enfants de ce pays ravagé par la haine; la haine de la révolution, la haine communiste, la haine rouge et violente du non droit et de la dictature du prolétariat, associée à celle des imams honteux. La guerre froide n'était pas finie, elle venait juste de commencer. Un soldat de l'Eurocorps est rentré: "Wir brauchen einen Arzt." L'écusson Français sur l'uniforme de l'homme en pleurs le poussa à ajouter, avec un léger accent: "Mes condoléances, Monsieur, mais d'autres troupes ennemies arrivent. Et nous avons des blessés dehors." L'autre répondit en essuyant ses larmes: des traces rouges se gravèrent sur ses joues. Il posa tendrement le crâne de son amante sur le sol humide, répondit: "Ich hasse diesen Krieg". Il sortit, accompagné du commandant qui lui mit la main sur l'épaule, laissant le corps dans la salle.

Dehors, des coups de feu retentirent. Le cadavre aurait pu entendre la guerre. Des coups de feu encore, des cris d'hommes, des balles qui sifflent. Il y a quelques minutes, des mains amoureuses, celles d'un soldat Français portaient ce corps mort entre ses bras, malheureux. C'était un instant de silence, de tristesse. De supplice. Maintenant, il n'y avait que violence, bruit, brutalité, qui rendaient le silence précédent si dur, si péremptoire et tranchant. Le silence, dans une guerre, annonce toujours la guerre. Ce sont toujours des coups de feu qui annoncent la fin des combats.

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11 mars 2007

L'amour contractuel

«Et si nous ... ?»

Après la brève discussion qui nous a portés dans le regard l'un de l'autre, les aveux fortuits l'un à l'autre que nous partagions certains désirs, le commun embrasement appelait à une commune solution: le contrat, le consentement froid, calculé d'un amour provisoire. Le temps d'un temps. On a couché ensemble.FRNT_If_This_Isnt_Love

Tes bras, ton odeur, ta vérité, quelque part perdus entre mes bras, dans les sillons de mon cerveau, sont restés. «Sans conséquence» pour toi, ne t'inquiète pas, mon tendre amour d'un soir. Ton cou que j'embrassais, ton cœur que je sentais battre, tes paroles, ta voix, son timbre rassurant. Je t'aime, cette fois. Etrangement d'ailleurs.

Hier matin, le contrat a pris fin, horriblement, mécaniquement, froidement. Tu me manques. C'est un coup de cutter que j'ai assigné à mon âme; je porterai chaque jour un regard malheureux à ta présence. Comment vais-je supporter de te voir chaque jour, portant à toi cette partie de mon âme, portant en moi cette image que tu me jetteras quotidie ?

Je veux crier ton absence. Les sons ne viennent pas. Pleurer ce manque, mais les larmes n'arrivent pas assez; à peine pour me soulager. Je suis perdu. Au milieu des déserts, à hurler sans bruit contre le désastre que je me suis infligé, vil châtiment. Cette ville, encore une fois, m'a mangé, digéré, jeté; me laissant cette fois malheureux rapporter chez moi la croix de cette souffrance.

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13 février 2007

Humanité

La faim du monde, voilà qui crève les yeux; la faim du monde.

Car le monde mange, ce que mangent les hommes, et sa fin relève de la fin de la faim. Quand les hommes mangent, et mangent encore, partagent le fruit du travail, et du sous-travail; ils mangent, et démangent le monde. Encore à manger, mange le monde, le monde tout entier, dans cette gloire immonde.

La Pomme croquée, les hommes achèvent de s'entretuer et l'entretuée fait que tous crèvent. Douce poésie des mœurs humaines: la mort, quoiqu'il arrive. Quand tous les hommes auront de l'argent, ils se battront pour de l'or. Quand tous auront de l'or, ils se battront pour les femmes. Et enfin, ils se battront pour eux-mêmes.

Culture démoniaque, que l'entredévoration perpétuelle des hommes, des femmes, dans cet aller-retour, consommation production, paradigme d'où nait la géographie des prix qui dicte celle des villes: flux pendulaires de la consommation à la production: flux aléatoires préprogrammés par des comportements binaires. Chaque citoyen est une unité de production, de consommation. La consommation est réglée par des comportements (habitus) qui en fixe clairement les conditions en fonction de la classe sociale. Les comportements de production influent sur les comportements de consommation, le contraire étant faux. La pression immobilière du centre-ville, lieu privilégié des actions de masse économiques, produit une augmentation générale (des centres-villes eux-mêmes) de la hauteur des bâtiments, pour soulager le Marché. La régulation préprogrammée de l'être humain, prochainement génétiquement modifié, vient la machine humaine ultra-perfectionnée. La machine, consommation, production. L'Etat mondial a décidé la mise en place d'une langue véhiculaire mondiale, elle deviendra vite vernaculaire.

La colonisation de la galaxie apparaît bien proche. Les huit mille milliards d'êtres humaines peuplent la galaxie comme des parasites. Les verrues de l'univers. Consommation-production-consommation-production-consommation-production. Les scientifiques viennent de démontrer l'inexistence de Dieu.

La fenêtre ouverte sur le monde est une porte fermée sur soi-même.

NON !

Dieu, je crois en toi, Dieu, ne m'aide pas, laisse-moi dans l'ignorance, meilleur chemin pour croire. Si je te connaissais, Croire deviendrait savoir, foi deviendrait Raison, et ce serait un pas de plus de la Raison sur nos vies. Soyons des hommes et pas des machines, consommons, produisons pour vivre. Ne vivons pas pour consommer ou produire. Ne nous aliénons pas. Masses, levez-vous, allez dans les bibliothèques, dans les églises, dans les amphithéâtres: allez débattre philosophie, théologie, étudiez l'amour et les préceptes. Foules, peuples, levez-vous en masse pour aller cueillir la culture qui vous appelle.

Ne soyez pas des soumis au capital. Sans vous compromettre, soumettez-le !

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12 février 2007

La rue

Profonde, elle s'enfonce dans une multitude de bâtisses, grandes, recouvertes d'un gris triste, ou d'un ocre pâle. Je viens de sortir du restaurant universitaire. Dans mon dos, cette salle pleine d’étudiants qui braillent, parlent, chantent ou rangent bruyamment leur plateau. Le silence de la rue Jacquard m’appelle. La façade du restaurant est la plus moderne : droite, avec des volumes géométriques, des surfaces vitrées ou blanches comme de la chaux. Le sol est d’asphalte, mais la rue est trop étroite pour les voitures s’y stationnent. Je m’enfonce un peu plus loin vers la rue, où un certain silence règne.

La rue n’est pas rectiligne. Tordus, les bâtiments sont tordus. Ici, quelques fenêtres vomissent avec retenue leurs pots de fleurs, suspendus dans le vide par de petites chaînes noires, comme des langues pendues. Des appartements s’échappe une transpiration froide à peine audible : des télévisions qui grésillent, des jeunes filles qui jouent ensemble avant de retourner à l’école. Ici, devant sa fenêtre, une jeune fille est pendue à son téléphone, comme un condamné à mort à sa corde. Rien dans cette rue ne semble en être extérieur, sinon les rares monstres de fer qui roulent à toute allure pour transpercer la rue de leur métal, qui aspire si facilement la chaleur humaine. Ici, un passage perpendiculaire à la rue est creusé. Une porte bouchée a servi d’urinoir à des gens pressées, ou à des clochards venus là pour vomir leur misère. A côté de l’urinoir, on peut voir une vieille porte en bois, fermée à clef. Un fil électrique pend, et la boîte _auquel un de ses compagnons s'accroche péniblement_ dégage une odeur audible d’électricité, comme celle d’un appareil défectueux qui grésille.

Je m’arrête un instant, observant avec amusement les graffiti qui se détaillent dans ma tête : « La vie c’est comme un conte de fées, la longueur ne compte pas. »
Plus loin, une faucille et un marteau dansent sur un mur, innocemment. Je n’imagine pas quatre gammas faire ainsi la ronde : la swastika, mille fois moins criminelle en statistiques, apparaît moins châtiée de mémoire que la faucille et le marteau. C’est à croire que nos sociétés, parfaitement pardonnées pour leur innocence, devraient être punies ; les pires régimes oubliés. Pourtant, ces symboles scintillent comme des révolutions, c’est-à-dire comme des bonnes choses, tendant vers un infini si beau, par un fini si laisoviet_vestigesd.

J’écoute. Le silence que je croyais entendre s’est tu. On entend au loin les voitures, et là toujours, ce grésillement. Dans une rue idéale, dans un monde total, on n’entendrait pas ce grésillement. J’observe les bâtiments. Tout est maîtrisé, mesuré, compassé, entendu, vu, soumis à la violence de la raison qui arraisonne tout à son avantage et à la volonté humaine, mais ne parvient jamais à rendre cette rue droite et rectiligne. Dans ce crépitement électrique subsiste la résistance, la faille de la volonté humaine de tout maîtriser. Il y a quelque chose de mortel qui crie dans cette pisse qui coule de la porte bouchée, là-bas, comme une vérité transcendante qui dépasse notre raison, ou l’interpelle comme une cloche divine. Il y a quelque chose dans cette faucille et ce marteau, coupés du monde désiré, par les doigts gelés de Sibérie ; détruites comme les zombies vaporeux de nos espoirs de vivre comme des dieux. En regardant cette rue, rien n’est plus vrai que la finitude des hommes, et rien n’est plus vrai que ces infimes fuites, témoins de notre mort prochaine, fatale.

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30 janvier 2007

Gigantesque

Pere_20UbuLà l'inconnu du Néant
Plus petit que la petitesse
Des mers et la tristesse
Acide et picolée du Géant

Le violent bâton d'esprit
Que l'onde ronge
Brutal le récit
Où l'ire nous plonge

Les rayons bleus
Que la sphère darde
Inondent les cieux
D'une lueur blâfarde

GiganTesque pilleur
Point de géant à voir
Que l'horizon effleure
Et point de lac à boire

Marchant seul sous la Lune
Les yeux embués par les étoiles
Ce n'est que pleine brume
Qui fait danser les voiles

Le sol gronde sous ses pas énormes
Et la montagne tombe
Cognent, change leurs formes
Tombe gros cailloux, et petite bombe

La solitude est grande cette nuit
Fluette musique siffllante et capitale
Qui de l'horizon fuit
La méchanceté animale

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28 janvier 2007

Nouvelle jeunesse

Cela fait quelques jours que tout change ici. Mes journées sont plus longues, je vois moins ma famille. Mes itinéraires quotidiens relient mon lieu d’études, la maison familiale, la bibliothèque municipale.  Pendant les transports, mes yeux sont rivés sur le journal, un livre épais ou sur des pensées, dont je perds parfois le fil. Affairé à l’écriture, à la lecture, à l’écoute et à la pensée sept à quatorze heures par jour, les mots de mes livres se collent à ma rétine, au moment du retour. Je pousse alors la porte de la famille, je salue vite mes parents. Tenaillé par l’épuisement, je prends une douche. Mon cerveau dévore le réfrigérateur. Je m’effondre dans mon lit. Le silence m’envahit, comme si je venais de mourir. Enfin.corps2

Mon réveil est réglé le lendemain à trois ou quatre heures. C’est l’appel des études. Tout est mouillé car je viens de rêver: cauchemar ou rêve étrange. C’est chaque matin une torture de sortir de ce sommeil si chaud. A cette heure, le chauffage n’est pas en marche. Il fait seize degrés dans ma chambre. Sous les draps, il en fait trente-cinq, dans une humidité tendre. Je reste en général quelques minutes dans mon lit. Pour éteindre mon réveil, j’ai alors pris la mesure de l’atmosphère ambiante, glacée, comme ces études qui m’appellent. La couche me protège de mes ambitions matinales. La liste de mon agenda se déroule mentalement, et je constate que les deux ou trois heures en ressource ne suffiront pas.
Je me lève, ankylosé par les douces caresses de Morphée. Le souvenir de cette liste de tâches m’écartèle : « le temps me manque. » Mes chaussons me traînent jusqu’à la cuisine. J’engloutis un bol de céréales. Je saute nu dans la douche pour me débarrasser de mes songes nocturnes. Je vais dans ma chambre. Le placard qui cache toute une caverne est fermé par des portes en miroirs. Un grand corps, un peu maigre s’adresse à moi. Cela fait longtemps que je ne m’étais pas vu. Je m’habille, pour cacher ma maigreur studieuse. Je secoue frénétiquement mes draps, remets en ordre ce qui peut l’être au milieu de mes papiers, de mes livres. Puis, le café posé rituellement sur le bureau, j’entame le long combat.

C’est toujours ainsi que se déroule ma vie. Mon esprit est studieux. Le cœur et les désirs monstrueux se taisent, écrasés par les hautes instances de la raison. Tout est tyrannie, oppression. A la rigueur, le cœur n’est bon qu’à servir la tête. Toute autre folie est sévèrement punie de culpabilité ou de fatigue supplémentaire. Je suis pris toujours qu’une crise de potomanie, ingurgitant les mots, les phrases, buvant ces rêves et ces abstractions.

Ce matin, j’ai parlé avec ma mère. C’est dimanche, et je m’autorise une matinée plus longue, malgré l’agenda qui prend vite l’aspect d’une hydre. Tentaculaire, polycéphale, elle se nourrit des livres qui s’accumulent sans vergogne sur la table, des polycopiés emplis de symboles, de dates et d’évènements divers, de concepts fumeux ou de démences délirants. Je vois ma mère, elle me parle déjà des instants où je vais partir. Je devrai partir ailleurs l’année prochaine. Tour dépend de mes concours, de ceux que je réussis, de mes échecs… Je devrai bientôt partir, plongé pleinement dans la solitude qui compose ma vie. Mes seuls compagnons sont mes camarades de classe où je compte un ou deux amis, un garçon qui m’émeut quand je le vois. J’ai aussi un engagement politique, qui me prend du temps. Il y a aussi le nombre de philosophes qui me parlent, des figures historiques, à travers ces pavés de papiers. Ils ont laissé là-dedans de quoi s’offrir des destinataires de leurs pensées pour l’éternité.  Je suis de ceux qui les lisent, et cela me flatte à peine, tant j’ai pris goût à la discussion avec des hommes morts, ou_ à défaut_ à des gens qui ne me connaîtront jamais.

Ma mère ne comprend pas. Personne ne le peut, sauf les fous qui m’accompagnent. Ce que c’est d’écouter parler un philosophe mort. C’est une pensée qui résonne (ou raisonne) à travers les âges, les lieux. Je pense à ma condition, la trouve tellement vaine que je cesse sur le champ d’y penser.

Je vais partir, toujours tendu vers le lointain du temps et de l’espace, pour rejoindre ce mode de vie approfondi, tourné entièrement vers la lecture et la pensée. Lyon, Berlin, Heidelberg, ou Paris. J’espère y trouver aussi une échappatoire, autre que la raison. Ma créatrice le sait, voit dans mes yeux l’appel tragique de l’émancipation, qui tire sur les racines, m’arrache à mes origines et à mon enfance. Seul Dieu, ou une vague foi dans un Être qui lui ressemble, me permet de garder un contact entre le sol terrestre sans perdre la tête, qui _ pleine d’opium _ s’envolerait et se détacherait. Dans mon crâne je trouve encore plein de musiques, de prières et d’espoirs, rythmés par les violoncelles tendres, la réitération tendre du son d’un tambour, la guitare chaleureuse ou le chœur tendu vers l’espace.

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05 janvier 2007

Existence ou inexistance des mots ?

personnalisatiste

Ce mot existe. C'est décrété. Si je n'avais pas rajouté une dernière phrase, le titre eût été plus long que le texte intitulé.

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